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Les origines de la Bartavelle
 
L'oiseau le plus fameux, qui a conquis ses lettres de noblesses dans l'œuvre de Pagnol, est sans conteste la Perdrix bartavelle Alectoris graeca. L'auteur lui consacre de très belles pages qui honorent les exploits de chasse de son père. On apprend aussi, fort justement, que "le mot français dérive d'un vieux mot provençal, bartavélo, qui signifie une serrure grossière". Cet épisode des bartavelles est célèbre. Pourtant, il est peu probable que ces oiseaux se soient trouvés naturellement dans le vallon de Passe-Temps. La Perdrix bartavelle était déjà confinée au XIXème siècle aux régions montagneuses comme en témoignent plusieurs auteurs de cette époque : Crespon (1844), note déjà : "Cette perdrix est rare dans nos contrées bien qu'elle se montre quelquefois dans certains cantons (…). Elle se plaît davantage dans les pays élevés que dans ceux en plaine". Jaubert et Barthélemy-Lapommeraye (1859) écrivent aussi : "La Bartavelle (…) habite les Alpes, les Apennins, la Grèce, une partie de l'Allemagne et quelques régions de France où elle tend malheureusement à disparaître grâce au braconnage et à ses armes illicites". Pellicot (1872) précise "que cet oiseau (…) se trouve sédentaire dans la haute Provence et descend en hiver jusque à la lisière nord du département du Var". Cette espèce a encore régressé par la suite dans les secteurs préalpins. Aujourd'hui, on peut la trouver dans les éboulis et les rocailles, jusqu'à 2700 mètres d'altitude. Il est donc vraisemblable, même si cela ternit la gloire du père de Marcel Pagnol, que les Bartavelles légendaires du Garlaban ne soient en réalité que des Perdrix rouges. Il est également possible, comme le suggèrent Harant et Jarry (1987), que ces deux perdrix soient des oiseaux introduits : Si la "Perdrix royale" n'a pas existé que dans l'imagination du poète, elle ne peut être qu'un oiseau importé, soit la Perdrix gambra d'Afrique du Nord (A. barbara), soit peut-être le Choukar du sud de l'Himalaya (A. graeca chukar). Quelques tentatives d'acclimatation de Perdrix gambra ont effectivement eu lieu en Provence, à diverses reprises, au milieu du XIXème siècle. Les Bartavelles sont citées à un autre endroit du premier livre des "Souvenirs". L'oncle Jules dit les avoir vues plusieurs fois dans les Basses-Pyrénées. En France, la Perdrix bartavelle n'est présente que dans les secteurs alpins. Une autre preuve de l'exagération naturelle de l'écrivain se rencontre dans cet épisode de "la Gloire de mon Père". A en croire Pagnol, la plus grosse atteignit 1530 grammes, l'autre 1260 ! Le poids moyen d'une Perdrix bartavelle mâle est de 650 à 750 g et celui d'une femelle de 500 à 650 g. On trouvera peut-être un écho à toutes ces histoires dans la signification du mot provençal "bartavela" qui ne signifie pas que "fermer au loquet" mais aussi "parler beaucoup" d'où le sens de "bavard" donné à bartavelle en Provence.
 
D'apres l'extrait du site :
Evolution de la faune du massif du Garlaban au cours du XXème siècle
 
Le Bartavelle
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tel : 04 90 04 66 14
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